Le 27 septembre 2020, l’Azerbaïdjan a lancé une offensive contre le peuple de l’Artsakh / Nagorno-Kharabagh).
Depuis lors, il n’a cessé de violer les cessez-le-feu et la guerre qui vient de se dérouler est la plus sanglante que la région ait connue depuis la guerre lancée par l’Azerbaïdjan indépendant en 1991.
Notre Parlement ne peut pas rester les bras croisés.
Rapports de crimes de guerre très graves, d’actes de torture, d’exécutions, des bombes à sous munition, des bombes au phosphore : ces crimes doivent être poursuivis. Qui en paie les frais ? Les civils !
Revenir aux sources du conflit
La population arménienne d’Artsakh est en vérité VICTIME, aujourd’hui, de l’annexion arbitraire de leur pays décidée par Staline en 1921.
Alors, certains parlent d’occupation illégale aujourd’hui.
C’est dangereux. Nous parlons de civils.

La région est sous tension depuis la fin du conflit qui a opposé l’Arménie et l’Azerbaïdjan de 1992 à 1994. En 1994, après plus de 30.000 morts, un cessez-le-feu avait été conclu suite à des négociations menées sous la supervision du groupe dit de Minsk, co-présidé par la France, les États-Unis et la Russie (la Belgique n’en faisait pas partie). Un accord de paix n’a jamais été trouvé.
La population arménienne du Haut-Karabakh réclame le respect du droit des peuples à l’autodétermination tandis que l’Azerbaïdjan considère que l’intégrité de ses frontières est violée par une occupation armée illégale.
Depuis 30 ans, des familles, des hommes, des femmes et des enfants, vivent dans la peur et la violence.
Ce conflit est le plus meurtrier dans la région du Caucase Sud depuis 25 ans.
Les deux camps bombardent des zones civiles, bafouant le droit international humanitaire. Il est difficile d’avoir une idée exacte de la situation. À l’heure actuelle, l’Azerbaïdjan a limité l’accès de ses citoyens aux médias sociaux et à internet. Les fake news et les accusations de fake news se multiplient dans les deux camps.
La situation est d’autant plus compliquée que d’autres pays sont impliqués dans le conflit, notamment la Turquie qui soutient l’Azerbaïdjan, en fournissant des armes mais aussi des combattants djihadistes syriens et la Russie qui vend des armes aux deux pays belligérants.
L’Azerbaïdjan a la supériorité numérique et a également plus de moyens. De plus, il est soutenu dans ce combat par sa population. Les Azéris dénoncent l’occupation par l’Arménie de régions autres que le Haut-Karabakh, peuplées, elles, aussi bien d’Azéris que d’Arméniens. L’Arménie, de son côté, continue de soutenir la demande du droit à l’autodétermination des peuples du Haut-Karabakh.
Ce conflit menace de durer dans le temps et le bilan humain s’alourdit chaque jour.
Face à cette menace, 5 messages forts :
1. Il serait important de préciser qu’en fait, la déclaration de cessez-le-feu du 9 novembre n’est PAS encore un accord de paix et qu’elle ne détermine pas le statut du Haut-Karabakh ;
2. La question de la sécurité de la population arménienne du Haut-Karabakh, confrontée à un réel danger même dans ces circonstances, est cruciale. La déclaration du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev après avoir signé la déclaration de cessez-le-feu où il a déclaré avoir «chassé les Arméniens comme des chiens» + le discours de haine contre les Arméniens + les crimes de guerre qui se poursuivent encore ces jours-ci contre les prisonniers de guerre arméniens + le danger réel auquel les Arméniens sont confrontés quotidiennement dans les villages frontaliers, tous déterminent l’importance de mettre l’accent sur ce sujet ;
3. Les crimes de guerre documentés, tels que l’utilisation d’armes à sous-munitions, les bombes au phosphore, l’exécution de prisonniers de guerre ne peuvent rester impunis ;
4. Il est également essentiel de critiquer le déploiement des mercenaires et de dénoncer le rôle déstabilisateur de la Turquie. Il n’y aura pas de règlement durable du conflit sans retrait de la Turquie ;
5. Le travail ne fait que commencer ! Le travail de reconstruction et d’aide aux populations civiles. A l’heure actuelle, la situation humanitaire est catastrophique. Les autorités arméniennes comptent plus de 1 200 soldats morts au combat, sans compter les victimes civiles dont le nombre est encore incertain ; des écoles, des maisons, des hôpitaux, la maternité de Stepanakert et la cathédrale de Chouchi ont été bombardées, et dans sa majorité (plus de deux tiers au moins) la population civile de l’Artsakh a été déplacée vers l’Arménie.
- Article réalisé grâce au précieux travail de mon assistante stagiaire, Pauline Lambert
- Aller plus loin – Émission “Le dessous des cartes”