Haut-Karabakh : parvenir à un cessez-le-feu et condamner les crimes de guerre commis à l’encontre des civils

Depuis fin septembre, dans la République autoproclamée du Haut-Karabakh (ou d’Artsakh), troupes azerbaïdjanaises et arméniennes s’affrontent dans des combats meurtriers. Selon les bilans partiels qui pourraient être bien plus lourds, l’Azerbaïdjan ne communiquant pas les décès parmi ses troupes, les combats auraient déjà fait plus de 620 morts. Le nombre des blessés n’est pas connu.

En vérité, cela fait une trentaine d’années que les 150.000 habitants du Haut-Karabakh vivent dans une situation de guerre larvée qui a conduit à une hyper militarisation de la société.

La région est sous tension depuis la fin du conflit qui a opposé l’Arménie et l’Azerbaïdjan de 1992 à 1994. En 1994, après plus de 30.000 morts, un cessez-le-feu avait été conclu suite à des négociations menées sous la supervision du groupe dit de Minsk, co-présidé par la France, les États-Unis et la Russie (la Belgique n’en faisait pas partie). Un accord de paix n’a jamais été trouvé.

La population arménienne du Haut-Karabakh réclame le respect du droit des peuples à l’autodétermination tandis que l’Azerbaïdjan considère que l’intégrité de ses frontières est violée par une occupation armée illégale.

Depuis 30 ans, des familles, des hommes, des femmes et des enfants, vivent dans la peur et la violence.

Ce conflit est le plus meurtrier dans la région du Caucase Sud depuis 25 ans.

Les deux camps bombardent des zones civiles, bafouant le droit international humanitaire. Il est difficile d’avoir une idée exacte de la situation. À l’heure actuelle, l’Azerbaïdjan a limité l’accès de ses citoyens aux médias sociaux et à internet. Les fake news et les accusations de fake news se multiplient dans les deux camps.

La situation est d’autant plus compliquée que d’autres pays sont impliqués dans le conflit, notamment la Turquie qui soutient l’Azerbaïdjan, en fournissant des armes mais aussi des combattants djihadistes syriens et la Russie qui vend des armes aux deux pays belligérants.

L’Azerbaïdjan a la supériorité numérique et a également plus de moyens. De plus, il est soutenu dans ce combat par sa population. Les Azéris dénoncent l’occupation par l’Arménie de régions autres que le Haut-Karabakh, peuplées, elles, aussi bien d’Azéris que d’Arméniens. L’Arménie, de son côté, continue de soutenir la demande du droit à l’autodétermination des peuples du Haut-Karabakh.

Ce conflit menace de durer dans le temps et le bilan humain s’alourdit chaque jour.

S’il faut reconnaître qu’il est difficile de se positionner clairement dans ce conflit, il est néanmoins urgent que la Belgique appelle, à l’instar de la France, à toutes les mesures de désescalade possibles du conflit et à la restauration d’une médiation sous la supervision de l’instance de l’OSCE, le groupe de Minsk, impliquant cette fois peut-être également la Turquie. Tout doit être mis en œuvre pour que la situation arrive le plus rapidement possible à un cessez-le-feu durable.

Il est également extrêmement important que les populations civiles ne souffrent pas de ce conflit.

J’ai déjà mis le point à l’agenda de la prochaine Commission des relations extérieures et en tant que vice-président de cette Commission, j’ai demandé à la Ministre des Affaires étrangères de condamner au nom de la Belgique les crimes de guerre commis à l’encontre des civils.

  • Article réalisé grâce au précieux travail de mon assistante stagiaire, Pauline Lambert
  • Aller plus loin – Émission “Le dessous des cartes”